Archives de catégorie : Livre 3

Intégralité du livre 3 des fables de la Fontaine.

Le Chat et un vieux Rat

  J’ai lu chez un conteur de Fables, Qu’un second Rodilard, l’Alexandre des Chats, L’Attila, le fléau des Rats, Rendait ces derniers misérables : J’ai lu, dis-je, en certain auteur, Que ce Chat exterminateur, Vrai Cerbère, était craint une lieue à la ronde : Il voulait de souris dépeupler tout le monde. Les planches qu’on… Lire la suite »

La Belette entrée dans un grenier

  Damoiselle Belette, au corps long et fluet, Entra dans un grenier par un trou fort étroit : Elle sortait de maladie. Là, vivant à discrétion, La galante fit chère lie, Mangea, rongea : Dieu sait la vie, Et le lard qui périt en cette occasion ! La voilà, pour conclusion, Grasse, mafflue et rebondie.… Lire la suite »

La Femme noyée

  Je ne suis pas de ceux qui disent : « Ce n’est rien : C’est une femme qui se noie. » Je dis que c’est beaucoup ; et ce sexe vaut bien Que nous le regrettions, puisqu’il fait notre joie. Ce que j’avance ici n’est point hors de propos, Puisqu’il s’agit en cette fable,… Lire la suite »

Philomèle et Progné

  Autrefois Progné l’hirondelle, De sa demeure s’écarta, Et loin des villes s’emporta Dans un bois où chantait la pauvre Philomèle. « Ma sœur, lui dit Progné, comment vous portez-vous ? Voici tantôt mille ans que l’on ne vous a vue : Je ne me souviens point que vous soyez venue, Depuis le temps de… Lire la suite »

Le Lion devenu vieux

  Le Lion, terreur des forêts, Chargé d’ans et pleurant son antique prouesse, Fut enfin attaqué par ses propres sujets, Devenus forts par sa faiblesse. Le Cheval s’approchant lui donne un coup de pied ; Le Loup, un coup de dent, le Bœuf un coup de corne. Le malheureux Lion, languissant, triste, et morne, Peut… Lire la suite »

Les Loups et les Brebis

  Après mille ans et plus de guerre déclarée, Les Loups firent la paix avecque les Brebis. C’était apparemment le bien des deux partis ; Car si les Loups mangeaient mainte bête égarée, Les bergers de leur peau se faisaient maints habits. Jamais de liberté, ni pour les pâturages, Ni d’autre part pour les carnages… Lire la suite »

Le Cygne et le Cuisinier

  Dans une ménagerie De volatiles remplie Vivaient le Cygne et l’Oison : Celui-là destiné pour les regards du maître ; Celui-ci, pour son goût : l’un qui se piquait d’être Commensal du jardin, l’autre, de la maison. Des fossés du château faisant leurs galeries, Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt… Lire la suite »

Le Renard et les Raisins

  Certain Renard gascon, d’autres disent normand, Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille Des raisins mûrs apparemment, Et couverts d’une peau vermeille. Le galant en eût fait volontiers un repas ; Mais comme il n’y pouvait atteindre : « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. » Fit-il pas… Lire la suite »

Le Lion abattu par l’homme

  On exposait une peinture Où l’artisan avait tracé Un lion d’immense stature Par un seul homme terrassé. Les regardants en tiraient gloire. Un Lion en passant rabattit leur caquet : « Je vois bien, dit-il, qu’en effet On vous donne ici la victoire ; Mais l’ouvrier vous a déçus : Il avait liberté de… Lire la suite »

Le Loup et la Cigogne

  Les Loups mangent gloutonnement. Un Loup donc étant de frairie, Se pressa, dit-on, tellement, Qu’il en pensa perdre la vie. Un os lui demeura bien avant au gosier. De bonheur pour ce Loup, qui ne pouvait crier, Prés de là passe une Cigogne. Il lui fait signe, elle accourt. Voilà l’Opératrice aussitôt en besogne.… Lire la suite »

La Goutte et l’Araignée

  Quand l’Enfer eut produit la Goutte et l’Araignée, « Mes filles, leur dit-il, vous pouvez vous vanter D’être pour l’humaine lignée Également à redouter. Or, avisons aux lieux qu’il vous faut habiter. Voyez-vous ces cases étroites, Et ces palais si grands, si beaux, si bien dorés ? Je me suis proposé d’en faire vos… Lire la suite »

L’Ivrogne et sa Femme

  Chacun a son défaut où toujours il revient : Honte ni peur n’y remédie. Sur ce propos, d’un conte il me souvient : Je ne dis rien que je n’appuie De quelque exemple. Un suppôt de Bacchus Altérait sa santé, son esprit et sa bourse. Telles gens n’ont pas fait la moitié de leur… Lire la suite »

L’Aigle, la Laie et la Chatte

  L’Aigle avait ses petits au haut d’un arbre creux. La Laie au pied, la Chatte entre les deux ; Et sans s’incommoder, moyennant ce partage, Mères et nourrissons faisaient leur tripotage. La Chatte détruisit par sa fourbe l’accord. Elle grimpa chez l’Aigle, et lui dit : « Notre mort (Au moins de nos enfants,… Lire la suite »

Le Renard et le Bouc

  Capitaine Renard allait de compagnie Avec son ami Bouc des plus hauts encornés. Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez ; L’autre était passé maître en fait de tromperie. La soif les obligea de descendre en un puits. Là chacun d’eux se désaltère. Après qu’abondamment tous deux en eurent pris, Le Renard… Lire la suite »

Les Grenouilles qui demandent un roi

  Les Grenouilles, se lassant De l’état démocratique, Par leurs clameurs firent tant Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique. Il leur tomba du ciel un Roi tout pacifique : Ce Roi fit toutefois un tel bruit en tombant, Que la gent marécageuse, Gent fort sotte et fort peureuse, S’alla cacher sous les eaux, Dans… Lire la suite »

Le Loup devenu berger

  Un Loup qui commençait d’avoir petite part Aux Brebis de son voisinage, Crut qu’il fallait s’aider de la peau du Renard, Et faire un nouveau personnage. Il s’habille en Berger, endosse un hoqueton, Fait sa houlette d’un bâton ; Sans oublier la Cornemuse. Pour pousser jusqu’au bout la ruse, Il aurait volontiers écrit sur… Lire la suite »

Les Membres et l’Estomac

  Je devais par la royauté Avoir commencé mon ouvrage. À la voir d’un certain côté, Messer Gaster en est l’image ; S’il a quelque besoin, tout le corps s’en ressent, De travailler pour lui les membres se lassant. Chacun d’eux résolut de vivre en gentilhomme, Sans rien faire, alléguant l’exemple de Gaster. « Il… Lire la suite »

Le Meunier, son Fils et l’Âne

  L’Invention des Arts étant un droit d’aînesse, Nous devons l’Apologue à l’ancienne Grèce. Mais ce champ ne se peut tellement moissonner, Que les derniers venus n’y trouvent à glaner. La feinte est un pays plein de terres désertes. Tous les jours nos Auteurs y font des découvertes. Je t’en veux dire un trait assez… Lire la suite »