Archives de catégorie : Livre 4

Intégralité du livre 4 des fables de la Fontaine.

L’Alouette et ses Petits avec le Maître d’un champ

  Ne t’attends qu’à toi seul, c’est un commun proverbe. Voici comme Ésope le mit En crédit : Les alouettes font leur nid Dans les blés quand ils sont en herbe, C’est-à-dire environ le temps Que tout aime et que tout pullule dans le monde : Monstres marins au fond de l’onde, Tigres dans les… Lire la suite »

L’Oeil du Maître

  Un cerf s’étant sauvé dans une étable à bœufs Fut d’abord averti par eux Qu’il cherchât un meilleur asile. « Mes frères, leur dit-il, ne me décelez pas : Je vous enseignerai les pâtis les plus gras ; Ce service vous peut quelque jour être utile, Et vous n’en aurez point regret. » Les… Lire la suite »

L’Avare qui a perdu son trésor

  L’usage seulement fait la possession. Je demande à ces gens de qui la passion Est d’entasser toujours, mettre somme sur somme, Quel avantage ils ont que n’ait pas un autre homme. Diogène là-bas est aussi riche qu’eux, Et l’avare ici-haut comme lui vit en gueux. L’homme au trésor caché qu’Ésope nous propose, Servira d’exemple… Lire la suite »

L’Oracle et l’Impie

  Vouloir tromper le ciel, c’est folie à la terre ; Le dédale des cœurs en ses détours n’enserre Rien qui ne soit d’abord éclairé par les Dieux. Tout ce que l’homme fait, il le fait à leurs yeux Même les actions que dans l’ombre il croit faire. Un païen qui sentait quelque peu le… Lire la suite »

Le Vieillard et ses Enfants

  Toute puissance est faible, à moins que d’être unie. Écoutez là-dessus l’esclave de Phrygie. Si j’ajoute du mien à son invention, C’est pour peindre nos mœurs, et non point par envie ; Je suis trop au-dessous de cette ambition. Phèdre enchérit souvent par un motif de gloire ; Pour moi, de tels pensers me… Lire la suite »

Parole de Socrate

  Socrate un jour faisant bâtir, Chacun censurait son ouvrage : L’un trouvait les dedans, pour ne lui point mentir, Indignes d’un tel personnage ; L’autre blâmait la face, et tous étaient d’avis Que les appartements en étaient trop petits. Quelle maison pour lui ! l’on y tournait à peine. « Plût au ciel que… Lire la suite »

Le Loup, la Mère et l’Enfant

  Ce Loup me remet en mémoire Un de ses compagnons qui fut encore mieux pris : Il y périt. Voici l’histoire : Un villageois avait à l’écart son logis. Messire Loup attendait chape-chute à la porte ; Il avait vu sortir gibier de toute sorte, Veaux de lait, agneaux et brebis, Régiments de dindons,… Lire la suite »

Le Loup, la Chèvre et le Chevreau

  La Bique, allant remplir sa traînante mamelle, Et paître l’herbe nouvelle, Ferma sa porte au loquet, Non sans dire à son Biquet : « Gardez-vous, sur votre vie, D’ouvrir que l’on ne vous die, Pour enseigne et mot du guet : Foin du Loup et de sa race ! » Comme elle disait ces… Lire la suite »

Le Renard et le Buste

  Les grands, pour la plupart, sont masques de théâtre ; Leur apparence impose au vulgaire idolâtre. L’Âne n’en sait juger que par ce qu’il en voit. Le Renard au contraire, à fond les examine, Les tourne de tout sens ; et quand il s’aperçoit Que leur fait n’est que bonne mine, Il leur applique… Lire la suite »

Le Cheval s’étant voulu venger du Cerf

  De tout temps les Chevaux ne sont nés pour les hommes. Lorsque le genre humain de gland se contentait, Âne, cheval, et mule, aux forêts habitait ; Et l’on ne voyait point, comme au siècle où nous sommes, Tant de selles et tant de bâts, Tant de harnois pour les combats, Tant de chaises,… Lire la suite »

Tribut envoyé par les animaux à Alexandre

  Une fable avait cours parmi l’antiquité, Et la raison ne m’en est pas connue. Que le lecteur en tire une moralité. Voici la fable toute nue : La Renommée ayant dit en cent lieux Qu’un fils de Jupiter, un certain Alexandre, Ne voulant rien laisser de libre sous les cieux, Commandait que, sans plus… Lire la suite »

La Grenouille et le Rat

  Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui, Qui souvent s’engeigne soi-même. J’ai regret que ce mot soit trop vieux aujourd’hui ; Il m’a toujours semblé d’une énergie extrême. Mais afin d’en venir au dessein que j’ai pris, Un Rat plein d’embonpoint, gras, et des mieux nourris, Et qui ne connaissait l’avent ni le carême,… Lire la suite »

Le Chameau et les Bâtons flottants

  Le premier qui vit un Chameau S’enfuit à cet objet nouveau ; Le second approcha ; le troisième osa faire Un licou pour le Dromadaire. L’accoutumance ainsi nous rend tout familier. Ce qui nous paraissait terrible et singulier S’apprivoise avec notre vue, Quand ce vient à la continue. Et puisque nous voici tombés sur… Lire la suite »

Le Geai paré des plumes du Paon

  Un Paon muait ; un Geai prit son plumage ; Puis après se l’accommoda ; Puis parmi d’autres Paons tout fier se panada, Croyant être un beau personnage. Quelqu’un le reconnut : il se vit bafoué, Berné, sifflé, moqué, joué, Et par messieurs les Paons plumé d’étrange sorte ; Même vers ses pareils s’étant… Lire la suite »

L’Homme et l’Idole de bois

  Certain Païen chez lui gardait un Dieu de bois, De ces dieux qui sont sourds, bien qu’ayants des oreilles. Le païen cependant s’en promettait merveilles. Il lui coûtait autant que trois. Ce n’étaient que vœux et qu’offrandes, Sacrifices de bœufs couronnés de guirlandes. Jamais Idole, quel qu’il fût, N’avait eu cuisine si grasse, Sans… Lire la suite »

Le Singe et le Dauphin

  C’était chez les Grecs un usage Que sur la mer tous voyageurs Menaient avec eux en voyage Singes et chiens de bateleurs. Un navire en cet équipage Non loin d’Athènes fit naufrage, Sans les dauphins tout eût péri. Cet animal est fort ami De notre espèce : en son histoire Pline le dit, il… Lire la suite »

Le Combat des Rats et des Belettes

  La nation des Belettes, Non plus que celle des Chats, Ne veut aucun bien aux Rats ; Et, sans les portes étroites De leurs habitations, L’animal à longue échine En ferait, je m’imagine, De grandes destructions. Or une certaine année Qu’il en était à foison, Leur roi, nommé Ratapon, Mit en campagne une armée.… Lire la suite »

L’Âne et le petit Chien

  Ne forçons point notre talent, Nous ne ferions rien avec grâce : Jamais un lourdaud, quoi qu’il fasse, Ne saurait passer pour galant. Peu de gens, que le ciel chérit et gratifie, Ont le don d’agréer infus avec la vie. C’est un point qu’il leur faut laisser, Et ne pas ressembler à l’Âne de… Lire la suite »

Le Jardinier et son Seigneur

  Un amateur du jardinage, Demi-bourgeois, demi-manant, Possédait en certain village Un jardin assez propre, et le clos attenant. Il avait de plant vif fermé cette étendue. Là croissait à plaisir l’oseille et la laitue, De quoi faire à Margot pour sa fête un bouquet, Peu de jasmin d’Espagne, et force serpolet. Cette félicité par… Lire la suite »

La Mouche et la Fourmi

  La Mouche et la Fourmi contestaient de leur prix. Ô Jupiter ! dit la première, Faut-il que l’amour propre aveugle les esprits D’une si terrible manière, Qu’un vil et rampant animal À la fille de l’air ose se dire égal ? Je hante les Palais ; je m’assieds à la table : Si l’on… Lire la suite »

Le Berger et la Mer

  Du rapport d’un troupeau, dont il vivait sans soins Se contenta longtemps un voisin d’Amphitrite. Si sa fortune était petite, Elle était sûre tout au moins. À la fin les trésors déchargés sur la plage, Le tentèrent si bien qu’il vendit son troupeau, Trafiqua de l’argent, le mit entier sur l’eau Cet argent périt… Lire la suite »

Le Lion amoureux

  Sévigné, de qui les attraits Servent aux grâces de modèle, Et qui naquîtes toute belle, À votre indifférence près, Pourriez-vous être favorable Aux jeux innocents d’une Fable ? Et voir sans vous épouvanter, Un Lion qu’amour sut dompter ? Amour est un étrange maître. Heureux qui peut ne le connaître Que par récit, lui… Lire la suite »