Archives de catégorie : Livre 5

Intégralité du livre 5 des fables de la Fontaine.

L’Âne vêtu de la peau du Lion

  De la peau du Lion l’Âne s’étant vêtu, Était craint par tout à la ronde ; Et bien qu’animal sans vertu, Il faisait trembler tout le monde. Un petit bout d’oreille échappé par malheur, Découvrit la fourbe et l’erreur. Martin fit alors son office. Ceux qui ne savaient pas la ruse et la malice,… Lire la suite »

L’Ours et les deux Compagnons

  Deux compagnons pressés d’argent, À leur voisin fourreur vendirent La peau d’un Ours encore vivant, Mais qu’ils tueraient bientôt ; du moins à ce qu’ils dirent. C’était le roi des Ours au compte de ces gens. Le marchand à sa peau devait faire fortune ; Elle garantirait des froids les plus cuisants ; On… Lire la suite »

Le Lion s’en allant en guerre

  Le Lion dans sa tête avait une entreprise : Il tint conseil de guerre, envoya ses prévôts, Fit avertir les animaux. Tous furent du dessein, chacun selon sa guise : L’Éléphant devait sur son dos Porter l’attirail nécessaire, Et combattre à son ordinaire ; L’Ours, s’apprêter pour les assauts ; Le Renard, ménager de… Lire la suite »

L’Aigle et le Hibou

  L’Aigle et le Chat-huant leurs querelles cessèrent ; Et firent tant qu’ils s’embrassèrent. L’un jura foi de Roi, l’autre foi de Hibou, Qu’ils ne se goberaient leurs petits peu ni prou. Connaissez-vous les miens ? dit l’Oiseau de Minerve. Non, dit l’Aigle. Tant pis, reprit le triste Oiseau. Je crains en ce cas pour… Lire la suite »

Le Lièvre et la Perdrix

  Il ne se faut jamais moquer des misérables : Car qui peut s’assurer d’être toujours heureux ? Le sage Ésope dans ses fables Nous en donne un exemple ou deux. Celui qu’en ces vers je propose, Et les siens, ce sont même chose. Le Lièvre et la Perdrix, concitoyens d’un champ, Vivaient dans un… Lire la suite »

Le Serpent et la Lime

  On conte qu’un Serpent, voisin d’un horloger (C’était pour l’horloger un mauvais voisinage), Entra dans sa boutique, et, cherchant à manger, N’y rencontra pour tout potage Qu’une Lime d’acier qu’il se mit à ronger. Cette Lime lui dit, sans se mettre en colère : « Pauvre ignorant ! eh ! que prétends-tu faire ?… Lire la suite »

Le Cerf et la Vigne

  Un Cerf, à la faveur d’une vigne fort haute, Et telle qu’on en voit en de certains climats, S’étant mis à couvert et sauvé du trépas, Les veneurs, pour ce coup, croyaient leurs chiens en faute ; Ils les rappellent donc. Le Cerf, hors de danger, Broute sa bienfaitrice : ingratitude extrême ! On… Lire la suite »

L’Âne portant des reliques

  Un Baudet, chargé de reliques, S’imagina qu’on l’adorait : Dans ce penser il se carrait, Recevant comme siens l’encens et les cantiques. Quelqu’un vit l’erreur, et lui dit : « Maître Baudet, ôtez-vous de l’esprit Une vanité si folle. Ce n’est pas vous, c’est l’Idole À qui cet honneur se rend, Et que la… Lire la suite »

La Poule aux œufs d’or

  L’Avarice perd tout en voulant tout gagner. Je ne veux, pour le témoigner, Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable, Pondait tous les jours un œuf d’or. Il crut que dans son corps elle avait un trésor. Il la tua, l’ouvrit, et la trouva semblable À celle dont les œufs… Lire la suite »

Les Médecins

  Le médecin Tant-Pis allait voir un malade Que visitait aussi son confrère Tant-Mieux. Ce dernier espérait, quoique son camarade Soutînt que le gisant irait voir ses aïeux. Tous deux s’étant trouvés différents pour la cure Leur malade paya le tribut à nature, Après qu’en ses conseils Tant-Pis eut été cru. Ils triomphaient encore sur… Lire la suite »

La Fortune et le jeune Enfant

  Sur le bord d’un puits très profond Dormait, étendu de son long, Un Enfant alors dans ses classes. Tout est aux écoliers couchette et matelas. Un honnête homme, en pareil cas, Aurait fait un saut de vingt brasses. Près de là tout heureusement La Fortune passa, l’éveilla doucement, Lui disant : « Mon mignon,… Lire la suite »

La Montagne qui accouche

  Une montagne en mal d’enfant Jetait une clameur si haute, Que chacun, au bruit accourant, Crut qu’elle accoucherait sans faute D’une cité plus grosse que Paris : Elle accoucha d’une souris. Quand je songe à cette fable, Dont le récit est menteur Et le sens est véritable, Je me figure un auteur Qui dit… Lire la suite »

Le Laboureur et ses Enfants

  Travaillez, prenez de la peine : C’est le fonds qui manque le moins. Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins. « Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage Que nous ont laissé nos parents : Un trésor est caché dedans. Je ne sais pas l’endroit ; mais… Lire la suite »

Le Cheval et le Loup

  Un certain Loup, dans la saison Que les tièdes zéphyrs ont l’herbe rajeunie, Et que les animaux quittent tous la maison Pour s’en aller chercher leur vie ; Un Loup, dis-je, au sortir des rigueurs de l’hiver, Aperçut un Cheval qu’on avait mis au vert. Je laisse à penser quelle joie. « Bonne chasse,… Lire la suite »

Le Satyre et le Passant

  Au fond d’un antre sauvage, Un Satyre et ses enfants Allaient manger leur potage Et prendre l’écuelle aux dents. On les eût vus sur la mousse Lui, sa femme, et maint petit : Ils n’avaient tapis ni housse, Mais tous fort bon appétit. Pour se sauver de la pluie, Entre un Passant morfondu. Au… Lire la suite »

La Vieille et les deux Servantes

  Il était une Vieille ayant deux chambrières : Elles filaient si bien que les soeurs filandières Ne faisaient que brouiller au prix de celles-ci. La Vieille n’avait point de plus pressant souci Que de distribuer aux Servantes leur tâche. Dès que Téthys chassait Phébus aux crins dorés, Tourets entraient en jeu, fuseaux étaient tirés… Lire la suite »

Le Renard ayant la queue coupée

  Un vieux Renard, mais des plus fins, Grand croqueur de poulets, grand preneur de lapins, Sentant son renard d’une lieue, Fut enfin au piège attrapé. Par grand hasard en étant échappé, Non pas franc, car pour gage il y laissa sa queue ; S’étant, dis-je, sauvé, sans queue et tout honteux, Pour avoir des… Lire la suite »

Les Oreilles du Lièvre

  Un animal cornu blessa de quelques coups Le Lion, qui plein de courroux, Pour ne plus tomber en la peine, Bannit des lieux de son domaine Toute bête portant des cornes à son front. Chèvres, béliers, taureaux, aussitôt délogèrent ; Daims et cerfs de climat changèrent : Chacun à s’en aller fut prompt. Un… Lire la suite »

Le Petit Poisson et le Pêcheur

  Petit poisson deviendra grand, Pourvu que Dieu lui preste vie. Mais le lâcher en attendant, Je tiens pour moi que c’est folie ; Car de le rattraper il n’est pas trop certain. Un Carpeau qui n’était encore que fretin, Fut pris par un Pêcheur au bord d’une rivière. Tout fait nombre, dit l’homme en… Lire la suite »

Le Pot de terre et le Pot de fer

  Le Pot de fer proposa Au Pot de terre un voyage. Celui-ci s’en excusa, Disant qu’il ferait que sage De garder le coin du feu : Car il lui fallait si peu, Si peu, que la moindre chose De son débris serait cause : Il n’en reviendrait morceau. « Pour vous, dit-il, dont la… Lire la suite »

Le Bûcheron et Mercure

  Votre goût a servi de règle à mon ouvrage. J’ai tenté les moyens d’acquérir son suffrage. Vous voulez qu’on évite un soin trop curieux, Et des vains ornements l’effort ambitieux ; Je le veux comme vous : cet effort ne peut plaire. Un auteur gâte tout quand il veut trop bien faire. Non qu’il… Lire la suite »