Archives de catégorie : Livre 9

Intégralité du livre 9 des fables de la Fontaine.

Le Berger et son troupeau

  Quoi ? toujours il me manquera Quelqu’un de ce peuple imbécile ! Toujours le loup m’en gobera ! J’aurai beau les compter. Ils étaient plus de mille, Et m’ont laissé ravir notre pauvre Robin ; Robin mouton, qui par la ville Me suivait pour un peu de pain, Et qui m’aurait suivi jusque au… Lire la suite »

Le Milan et le Rossignol

  Après que le Milan, manifeste voleur, Eut répandu l’alarme en tout le voisinage Et fait crier sur lui les enfants du village, Un Rossignol tomba dans ses mains, par malheur. Le héraut du Printemps lui demande la vie : « Aussi bien, que manger en qui n’a que le son ? Écoutez plutôt ma… Lire la suite »

Le Singe et le Chat

  Bertrand avec Raton, l’un Singe, et l’autre Chat, Commensaux d’un logis, avaient un commun Maître. D’animaux mal-faisans c’était un très-bon plat ; Ils n’y craignaient tous deux aucun, quel qu’il pût être. Trouvait-on quelque chose au logis de gâté ? L’on ne s’en prenait point aux gens du voisinage. Bertrand dérobait tout ; Raton… Lire la suite »

Le Trésor, et les deux Hommes

  Un Homme n’ayant plus ni crédit, ni ressource, Et logeant le diable en sa bourse, C’est-à-dire n’y logeant rien, S’imagina qu’il ferait bien De se pendre, et finir lui-même sa misère, Puisqu’aussi bien sans lui la faim le viendrait faire : Genre de mort qui ne duit pas À gens peu curieux de goûter… Lire la suite »

Le Mari, la Femme et le Voleur

  Un mari fort amoureux, Fort amoureux de sa femme, Bien qu’il fût jouissant se croyait malheureux. Jamais oeillade de la dame, Propos flatteur et gracieux, Mot d’amitié, ni doux sourire, Déifiant le pauvre sire, N’avaient fait soupçonner qu’il fût vraiment chéri. Je le crois ; c’était un mari. Il ne tint point à l’hyménée… Lire la suite »

Le Chat et le Renard

  Le Chat et le Renard, comme beaux petits saints, S’en allaient en pèlerinage. C’étaient deux vrais Tartufes, deux Archipatelins, Deux francs Patte-pelus qui des frais du voyage, Croquant mainte volaille, escroquant maint fromage, S’indemnisaient à qui mieux mieux. Le chemin était long, et partant ennuyeux, Pour l’accourcir ils disputèrent. La dispute est d’un grand… Lire la suite »

Jupiter et le Passager

  Oh ! combien le péril enrichirait les Dieux, Si nous nous souvenions des voeux qu’il nous fait faire ! Mais, le péril passé, l’on ne se souvient guère De ce qu’on a promis aux Cieux ; On compte seulement ce qu’on doit à la terre. « Jupiter, dit l’impie, est un bon créancier :… Lire la suite »

Le Cierge

  C’est du séjour des Dieux que les abeilles viennent. Les premières, dit-on, s’en allèrent loger Au mont Hymette, et se gorger Des trésors qu’en ces lieux les zéphyrs entretiennent. Quand on eut des palais de ces filles du Ciel Enlevé l’ambroisie en leurs chambres enclose, Ou, pour dire en français la chose, Après que… Lire la suite »

Rien de trop

  Je ne vois point de créature Se comporter modérément. Il est certain tempérament Que le Maître de la nature Veut que l’on garde en tout. Le fait-on ? nullement : Soit en bien, soit en mal, cela n’arrive guère, Le blé, riche présent de la blonde Cérès, Trop touffu bien souvent épuise les guérets… Lire la suite »

Le Loup et le Chien maigre

  Autrefois Carpillon fretin Eut beau prêcher, il eut beau dire, On le mit dans la poêle à frire. Je fis voir que lâcher ce qu’on a dans la main, Sous espoir de grosse aventure, Est imprudence toute pure. Le pêcheur eut raison ; Carpillon n’eut pas tort : Chacun dit ce qu’il peut pour… Lire la suite »

L’Huître et les Plaideurs

  Un jour deux pèlerins sur le sable rencontrent Une Huître, que le flot y venait d’apporter : Ils l’avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ; À l’égard de la dent il fallut contester. L’un se baissait déjà pour amasser la proie ; L’autre le pousse, et dit : « Il est… Lire la suite »

Le Fou qui vend la sagesse

  Jamais auprès des fous ne te mets à portée : Je ne te puis donner un plus sage conseil. Il n’est enseignement pareil À celui-là de fuir une tête éventée. On en voit souvent dans les cours : Le prince y prend plaisir ; car ils donnent toujours Quelque trait aux fripons, aux sots,… Lire la suite »

La Souris métamorphosée en fille

  Une Souris tomba du bec d’un Chat-Huant : Je ne l’eusse pas ramassée ; Mais un Bramin le fit : je le crois aisément ; Chaque pays a sa pensée. La Souris était fort froissée. De cette sorte de prochain Nous nous soucions peu ; mais le peuple bramin Le traite en frère. Ils… Lire la suite »

Le Statuaire et la Statue de Jupiter

  Un bloc de marbre était si beau Qu’un statuaire en fit l’emplette. « Qu’en fera, dit-il, mon ciseau ? Sera-t-il Dieu, table ou cuvette ? Il sera Dieu ; même je veux Qu’il ait en sa main un tonnerre. Tremblez, humains. Faites des vœux ; Voilà le Maître de la terre. » L’artisan exprima… Lire la suite »

L’Écolier, le Pédant et le Maître d’un jardin

  Certain Enfant qui sentait son collège, Doublement sot et doublement fripon Par le jeune âge, et par le privilège Qu’ont les pédants de gâter la raison, Chez un voisin dérobait, ce dit-on, Et fleurs et fruits. Ce voisin, en automne, Des plus beaux dons que nous offre Pomone Avait la fleur, les autres le… Lire la suite »

Le Gland et la Citrouille

  Dieu fait bien ce qu’il fait. Sans en chercher la preuve En tout cet Univers, et l’aller parcourant, Dans les Citrouilles je la treuve. Un villageois considérant, Combien ce fruit est gros et sa tige menue, À quoi songeait, dit-il, l’Auteur de tout cela ? Il a bien mal placé cette Citrouille-là : Hé… Lire la suite »

Le Singe et le Léopard

  Le Singe avec le Léopard Gagnaient de l’argent à la foire : Ils affichaient chacun à part. L’un d’eux disait : Messieurs, mon mérite et ma gloire Sont connus en bon lieu ; le Roi m’a voulu voir ; Et si je meurs il veut avoir Un manchon de ma peau ; tant elle… Lire la suite »

Les deux Pigeons

  Deux Pigeons s’aimaient d’amour tendre : L’un d’eux, s’ennuyant au logis, Fut assez fou pour entreprendre Un voyage en lointain pays. L’autre lui dit : « Qu’allez-vous faire ? Voulez-vous quitter votre frère ? L’absence est le plus grand des maux : Non pas pour vous, cruel ! Au moins, que les travaux, Les… Lire la suite »

Le Dépositaire infidèle

  Grâce aux filles de Mémoire, J’ai chanté des animaux ; Peut-être d’autres héros M’auraient acquis moins de gloire. Le Loup, en langue des Dieux, Parle au Chien dans mes ouvrages : Les bêtes, à qui mieux mieux, Y font divers personnages : Les uns fous, les autres sages, De telle sorte pourtant Que les… Lire la suite »