Archives de catégorie : Livre 10

Intégralité du livre 10 des fables de la Fontaine.

Discours à Monsieur le Duc de La Rochefoucauld

  Je me suis souvent dit, voyant de quelle sorte L’homme agit et qu’il se comporte En mille occasions, comme les animaux : Le Roi de ces gens-là n’a pas moins de défauts Que ses sujets, et la nature A mis dans chaque créature Quelque grain d’une masse où puisent les esprits : J’entends les… Lire la suite »

Les deux Aventuriers et le Talisman

  Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire. Je n’en veux pour témoin qu’Hercule et ses travaux : Ce dieu n’a guère de rivaux : J’en vois peu dans la fable, encore moins dans l’histoire. En voici pourtant un, que de vieux talismans Firent chercher fortune au pays des romans. Il voyageait de… Lire la suite »

La Lionne et l’Ourse

  Mère Lionne avait perdu son fan : Un chasseur l’avait pris. La pauvre infortunée Poussait un tel rugissement Que toute la forêt était importunée. La nuit ni son obscurité, Son silence, et ses autres charmes, De la reine des bois n’arrêtait les vacarmes : Nul animal n’était du sommeil visité. L’Ourse enfin lui dit… Lire la suite »

Les deux Perroquets, le Roi et son Fils

  Deux perroquets, l’un père et l’autre fils, Du rôt d’un Roi faisaient leur ordinaire ; Deux demi-dieux, l’un fils et l’autre père, De ces oiseaux faisaient leurs favoris. L’âge liait une amitié sincère Entre ces gens : les deux pères s’aimaient ; Les deux enfants, malgré leur coeur frivole, L’un avec l’autre aussi s’accoutumaient,… Lire la suite »

Les Poissons et le Berger qui joue de la flûte

  Tircis, qui pour la seule Annette Faisait résonner les accords D’une voix et d’une musette Capables de toucher les morts, Chantait un jour le long des bords D’une onde arrosant des prairies, Dont Zéphyr habitait les campagnes fleuries. Annette cependant à la ligne pêchait ; Mais nul poisson ne s’approchait ; La Bergère perdait… Lire la suite »

Le Berger et le Roi

  Deux démons à leur gré partagent notre vie, Et de son patrimoine ont chassé la raison. Je ne vois point de cœur qui ne leur sacrifie. Si vous me demandez leur état et leur nom, J’appelle l’un, Amour ; et l’autre, Ambition. Cette dernière étend le plus loin son empire ; Car même elle… Lire la suite »

Le Chien à qui on a coupé les oreilles

  « Qu’ai-je fait pour me voir ainsi Mutilé par mon propre Maître ? Le bel état où me voici ! Devant les autres chiens oserai-je paraître ? Ô rois des animaux, ou plutôt leurs tyrans, Qui vous ferait choses pareilles ? » Ainsi criait Mouflar, jeune dogue ; et les gens Peu touchés de… Lire la suite »

La Perdrix et les Coqs

  Parmi de certains Coqs, incivils, peu galants, Toujours en noise, et turbulents, Une Perdrix était nourrie. Son sexe, et l’hospitalité, De la part de ces Coqs, peuple à l’amour porté Lui faisaient espérer beaucoup d’honnêteté : Ils feraient les honneurs de la ménagerie. Ce peuple cependant, fort souvent en furie, Pour la dame étrangère… Lire la suite »

L’Araignée et l’Hirondelle

  Ô Jupiter, qui sus de ton cerveau, Par un secret d’accouchement nouveau, Tirer Pallas, jadis, mon ennemie, Entends ma plainte une fois en ta vie. Progné me vient enlever les morceaux ; Caracolant, frisant l’air et les eaux, Elle me prend mes mouches à ma porte : Miennes je puis les dire ; et… Lire la suite »

Le Loup et les Bergers

  Un Loup rempli d’humanité (S’il en est de tels dans le monde) Fit un jour sur sa cruauté, Quoiqu’il ne l’exerçât que par nécessité, Une réflexion profonde. « Je suis haï, dit-il ; et de qui ? de chacun. Le loup est l’ennemi commun : Chiens, chasseurs, villageois, s’assemblent pour sa perte ; Jupiter… Lire la suite »

L’Enfouisseur et son Compère

  Un pince-maille avait tant amassé Qu’il ne savait où loger sa finance. L’avarice, compagne et soeur de l’ignorance, Le rendait fort embarrassé Dans le choix d’un dépositaire ; Car il en voulait un, et voici sa raison : « L’objet tente ; il faudra que ce monceau s’altère, Si je le laisse à la… Lire la suite »

Les Poissons et le Cormoran

  Il n’était point d’étang dans tout le voisinage Qu’un Cormoran n’eût mis à contribution : Viviers et réservoirs lui payaient pension. Sa cuisine allait bien : mais, lorsque le long âge Eut glacé le pauvre animal, La même cuisine alla mal. Tout Cormoran se sert de pourvoyeur lui-même. Le nôtre, un peu trop vieux… Lire la suite »

La Tortue et les deux Canards

  Une Tortue était, à la tête légère, Qui lasse de son trou voulut voir le pays. Volontiers on fait cas d’une terre étrangère : Volontiers gens boiteux haïssent le logis. Deux Canards à qui la Commère Communiqua ce beau dessein, Lui dirent qu’ils avaient de quoi la satisfaire : Voyez-vous ce large chemin ?… Lire la suite »

L’Homme et la Couleuvre

  Un homme vit une Couleuvre. Ah ! méchante, dit-il, je m’en vais faire une œuvre Agréable à tout l’univers. À ces mots l’animal pervers (C’est le serpent que je veux dire, Et non l’homme, on pourrait aisément s’y tromper.) À ces mots le serpent se laissant attraper Est pris, mis en un sac ,… Lire la suite »