Le Vieillard et l’Âne

 

Un Vieillard sur son Âne aperçut en passant
Un pré plein d’herbe et fleurissant :
Il y lâche sa bête, et le grison se rue
Au travers de l’herbe menue,
Se vautrant, grattant, et frottant,
Gambadant, chantant, et broutant,
Et faisant mainte place nette.
L’ennemi vient sur l’entrefaite :
« Fuyons, dit alors le Vieillard.
– Pourquoi ? répondit le paillard ;
Me fera-t-on porter double bât, double charge ?
– Non pas ? dit le Vieillard, qui prit d’abord le large.
– Et que m’importe donc, dit l’Âne, à qui je sois ?
Sauvez-vous, et me laissez paître.
Notre ennemi, c’est notre maître :
Je vous le dis en bon français. »

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